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Professeur des Universités en sociologie, Faculté des Sciences Humaines et Sociales, Université Paris Descartes Sorbonne, membre de l’Institut Universitaire de France, de l’Académie Européenne des Sciences, Anne-Marie Guillemard est également membre des comités de rédaction de la Revue Française de Sociologie, de Ageing and Society et de Retraite et Société, membre du Réseau Européen d’Excellence “Civil Society and New Forms of Governance in Europe” (CINEFOGO) et de la recherche européenne (FP7) “Activating Senior Potential in Ageing Europe” (ASPA).
Elle est une spécialiste reconnue des comparaisons internationales portant sur la protection sociale, les systèmes de retraite et l’emploi. Ses domaines de recherche couvrent la sociologie des âges, des générations et du vieillissement ainsi que les questions de recomposition des parcours de vie, de modes de gestion des âges et de réformes de la protection sociale dans la société de la connaissance.
Anne-Marie Guillemard aborde la thématique de la gestion des âges dans son dernier ouvrage intitulé “les défis du vieillissement”, sorti aux éditions Armand Colin en 2010. |
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Mettre à l'honneur les Initiatives engagées pas les entreprises en matière de capital humain, telle est la raison d'être du Trophée du Capital Humain, créé par Michael Page et Le Monde. Voici l'essentiel du second temps fort, qui s'est déroulé autour d'un petit-déjeuner le 28 avril 2011, sur le thème :
« L’intergénérationnel, créateur de valeurs en entreprise »
45 ans. C’est, en France, l’âge où l’on devient « senior », ce qui est pratiquement synonyme de « moins employable », pour des raisons de coût liés à l’ancienneté et/ou de compétences. Partant de ce constat, Anne-Marie Guillemard, souligne que cette spécificité française est une aberration – sociale et économique – au regard de l’allongement de la durée de vie et du vieillissement général de la population.
« Le véritable défi, explique-t-elle, n’est pas celui des retraites mais celui de l’emploi des salariés qui avancent en âge. Nous raisonnons sur les bases qui ont servi à créer le système de protection sociale français, en 1945 : une formation initiale, suivie d’une période longue d’emploi, suivie d’une période relativement courte de retraite. Cela ne correspond plus à la réalité. »
En finir avec l’inactivation des seniors
En effet, la vie s’est allongée, les parcours de vie se sont déstandardisés et la société de la connaissance mondialisée induit pour tous, cadres et non cadres, de multiples transitions au cours de la vie professionnelle. Au lieu de favoriser le mixage des temps sociaux tout au long de la vie (formation, emploi, inactivité), la France a privilégié la protection de son modèle, notamment au travers des dispositifs de sortie anticipée du travail.
Conséquence, les 25-54 ans portent 80% de l’emploi, alors qu’ils ne représentent que 41% de la population – avec un taux d’emploi des 55-64 ans de 38%, contre 70% dans un pays comme la Suède, et des moins de 25 ans maintenus à la lisière de l’emploi.
On en arrive à un paradoxe insoutenable : d’un côté, on dit aux seniors de quitter l’entreprise pour faire la place aux jeunes ; de l’autre, on leur dit de travailler plus longtemps pour préserver les équilibres sociaux et financiers. « Ce que personne ne veut voir en France, déclare A.M. Guillemard, ce sont les coûts cachés de cette "inactivation" systématique des seniors, en termes de climat social dans les entreprises et de perte de compétences. » |