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| Thierry Happe est fondateur et Président de Happening Co, société qui édite l’Observatoire et le Forum NETEXPLO (précédemment Netexplorateur jusqu’au 12 décembre 2011). Cet Observatoire indépendant, qu’il a cofondé en 2007 avec Martine Bidegain, a notamment été créé sous l’impulsion de Directeurs des Ressources Humaines de grandes entreprises, avec le soutien d’HEC Paris, du Sénat, du Ministère de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique et de l’UNESCO. Sa vocation est d’assurer une veille mondiale sur des usages émergents de l’Internet et d’étudier l’impact du numérique sur notre société et nos entreprises. De formation Journaliste (IHECS – Bruxelles 84), Thierry Happe a créé et dirigé l’agence de communication Corporate et Ressources Humaines DARJEELING de 1988 à 1994. Il a ensuite été PDG de Euro-RSCG Futurs et Président pour l’Europe des agences de communication RH et nouvelles technologies de HAVAS de 1994 à 2003. Thierry Happe est cofondateur et membre du Conseil d’Administration de l’Association DOCTEUR SOURIS dont la vocation est de rompre l’isolement des enfants et adolescents malades ou en situation de handicap par l’usage des technologies de l’information et de la communication. La cinquième édition du Forum NETEXPLO se déroulera les 15 et 16 mars 2012 à l’UNESCO à Paris et réunira, sur le principe de sa précédente édition, 1200 décideurs politiques, économiques et médias issus de 30 nationalités. |
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« Réseaux sociaux & Entreprises : état des lieux et perspectives » fut la thématique abordée par Thierry Happe, le 24 janvier dernier, dans le cadre du premier temps fort de la 4ème édition du Trophée du Capital Humain. Créé en 2009 par Michael Page et Le Monde, le Trophée du Capital Humain a pour objectif de valoriser les initiatives et les réalisations des grandes entreprises françaises en matière de gestion de leur capital humain.
Les organisateurs du Trophée du Capital Humain 2012 ont invité Thierry Happe, observateur privilégié des usages émergents de l’Internet, à apporter son éclairage sur un sujet au cœur des préoccupations des DRH : les réseaux sociaux et l’entreprise. Sur les deux milliards d’internautes que compte la planète, 82% sont sur les réseaux sociaux et y consacrent 20% de leur temps. Les entreprises ont rejoint ces réseaux pour ne pas être en marge de la conversation : 36% des entreprises françaises ont une page Facebook, 91% un compte Twitter, 45% une chaîne YouTube.
PLAISIR, PARTAGE & TRANSPARENCE
Le phénomène est donc massif et il est désormais irrépressible. C’est une mutation profonde, non pas technologique mais sociale. Comment l’expliquer ? Simplement par l’adhésion spontanée des individus aux trois principes des médias sociaux : le plaisir de pouvoir s’exprimer librement ; le partage immédiat de l’information avec le plus grand nombre ; la transparence, dont le corollaire est l’autoaffichage : pour exister aujourd’hui, il faut se montrer, être « influent » sur les réseaux. Le réseau social de chacun se transforme en réseau d’influence « marchandisable ». Cette tendance est en train de saper les trois principes initiaux des réseaux sociaux. Ceux-ci deviennent des instruments de marketing.
UN RÉSEAU SOCIAL INTERNE ?
Les entreprises tirent déjà parti des réseaux externes en marketing, en co-création avec les clients, en R&D, en communication et en RH pour attirer et fidéliser les talents. Quid d’un réseau social interne ? Beaucoup d’entreprises se posent la question. Ce qu’on peut en attendre ? Des interactions plus rapides entre les collaborateurs et donc un gain d’agilité et de performance. Mais la révolution n’est pas gagnée. Les freins sont culturels. Le collaborateur a changé, il a l’habitude des réseaux sociaux et renvoie à l’entreprise trois enjeux : passer de la logique de l’organigramme à celle du sociogramme ; réinternaliser les échanges et les informations et donc redéfinir les frontières ; faire participer les salariés – ce qui n’est jamais acquis et impossible à imposer. L’entreprise va-t-elle devenir un réseau social ? Les clients le veulent, les salariés le veulent, la performance finira par l’exiger. Dans ce schéma probable, la mission de la fonction RH sera de valoriser le capital humain par la dynamique des échanges et la capitalisation des savoirs. C’est un enjeu magnifique pour les RH. Cela reste un défi ! |